Frisson

Par un frisson léger et presque imperceptible
Le corps ressent soudain comme un mal ignoré
Qui le ronge et le rend vulnérable et sensible
Au charme d'une voix ou d'un nom évoqué, murmuré
Puis viennent les envies, les chaleurs, les vertiges
Les raisons d'espérer et celles d'avoir mal
Les besoins de tendresse enfin qui nous obligent
À trouver merveilleux ce qui n'est que banal

Aimer plus que soi-même
Aimer sans réfléchir
Aimer plus qu'on nous aime
Pour mieux se plaindre et mieux souffrir

Le cœur n'est qu'un organe étrange
Qui ne bat ni plus fort ni plus vite, et pourtant
On lui offre une action, on lui donne une prose
L'amour vient-il des yeux, de la peau ou du ventre ?
Et on parle de lui pour mieux parler de soi

Entre nous, l'être aimé n'a que ce qu'on lui prête
La grâce qu'on lui loue, la beauté qu'on lui crée
Ses formes modelées par nos pensées secrètes



Article ajouté le 2007-05-24 , consulté 118 fois

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